Les Pins
ont
bercé mon enfance. ils ont joué leur musique des cimes quand l'orage
grondait ou que le vent s'affolait. ils ont pleuré des larmes de résine
avec mes grand-parents et mes parents.
ils
ont caché mes chagrins d'enfant, écouté mes rêves insensés. Ils le font
encore quand j'aperçois mon préféré: un coin de ciel bleu intense, une
partie de cache-cache avec les nuages.
ces temps-ci, je les délaisse. ils ne sauraient que déclencher des larmes sur un passé qui ne reviendra jamais.
les souvenirs crient à chaque pas...
Il faut laisser s'écouler du temps.
quand
la bruyère sera en fleur, quand je chercherai le pied unique de bruyère
blanche, quand les fougères flamboieront, peut-être serai-je plus
raisonnable.
En
attendant,je les regarderai de loin, en me préservant, en attendant la
cicatrisation comme la care résinée, jamais refermée, mais apaisée
LES PINS
M’ont appris quelque chose de la vie.
qu'on peut être géant et avoir un coeur tendre.Qu'on peut paraître solide et basculer en un instant.
Qu'il
leur faut une vie d'homme pour pousser et que lorsqu'ils disparaissent,
tout semble nu, sans intérêt. Ils m'ont appris à mériter l'ombre, à
être comme eux à la fois sauvage et si proche, à aimer la compagnie
tout en souhaitant le repli, à regarder fièrement vers demain, en
s'appuyant sur les racines.
Ils ont imprimé ma rétine , mon cerveau et sur le chemin du retour je les cherche...ils me rassurent.
et lorsque parfois, il en pousse un , solitaire ou délaissé; je le contemple...je l'ai parfois dessiné.
Je connais leur chanson, leur odeur, leurs craintes.
je
ne supporte pas leurs racines à l'air quand la tempête les a mis à
terre.Je ne les veux que droits , fiers, simples mais combien
remarquables.
Je veux les partager avec ceux que j'aime, dans le calme et la méditation.
****************************************************************************************
je marchais dans les pins,
ça sentait bon la résine!
l'air vibrait de chaleur
et les cigales s'en donnaient à coeur joie.
Nous ramassions des pommes de pin
en pensant à l'hiver.
c'était l'été bonheur!
je m'asseyais dans les pins
les livres n'étaient pas loin.
la révolte non plus
celle de la fin de l'adolescence
un amour naissant
être seule au monde pour y penser
tranquillement.
il fallait faire vite,
les pins torturés
par la tempête,
se balançaient dangereusement
et risquaient à tout moment
d' achever leur chute
sur ma bicyclette impuissante;
Le soleil revenait
et un semblant de douceur printanière
flamboyait sur les ajoncs en fleur
l'attente d'un amour
l'incertitude du lendemain
l'avenir était entre mes mains.
la bruyère en fleur
les abeilles en maraude
les odeurs de miel
les couleurs de la fin de l'été
les fougères offraient leurs immensités vertes
j'avais du mal à quitter
le monde de mon enfance....
au cimetière des cimes.
Sur la zone désertée des oiseaux
Pleure la pâle résine
En signes de mauvais sang.
Ou pathétiques pieuvres pantelantes
Rivalisent avec les survivants tels des roseaux
Promis aux prochains assauts pugnaces des éléments.
23/11/09
Dans le Port de la Lune
Les flots de la Garonne
Prenaient des airs de lagune.
Parés de leurs reflets d’argent, ils allaient
A la rencontre de la flèche Saint Michel.
Au loin Le Pont de Pierre
Et la frise de la Ville se dessinaient
Sur un ciel étonnamment gris , bistre et bleuté.
Aujourd’hui
Sur la Garonne à marée basse
Emergent les traîtres épaves d’un temps de grimace,
De poudre, de sang et d’occupation des jours amers.
Au nord une barre de brume mauve plombe encore
Le Pont d’Aquitaine et les Hauts de Lormont aux feuillages d’or,
Tandis qu’au sud, le Pont De Pierre majestueux accroche le regard.
En toutes saisons le passant s’attarde et n’en finit pas de rêver
Sur les flots veloutés du Port de la Lune aux allures de lagune.
17/18 novembre 2009
Aux temps de Burdigala : fondation d’une cité marchande qui prit le nom de BORDEAUX au Moyen-Age
« Burdigala se trouve au carrefour des voies de
communication, entre l’Atlantique et la Méditerranée, entre les pays de Loire
et les Charentes vers les Pyrénées et la péninsule ibérique, la ville devient
une place commerciale essentielle sur la route de l’étain. Le voyage commence
dans les mines de Cornouailles de l’actuel Pays de Galles pour desservir le
monde antique, grand consommateur de ce métal, nécessaire avec le cuivre pour
fabriquer le bronze. »
Le trafic a été mis en place depuis l’âge de bronze concernant l’étain et
l’ambre venant de la Baltique.
« A bord de petits bateaux en osier recouverts de peaux, à voiles de cuir, les commerçants phéniciens puis romains remontent facilement l’océan jusqu’au-dessus de Toulouse.
Là par portage assuré sur 80 km par bête bâtée, le transport de frêt jusqu’aux eaux de l’Aude donne accès à la Méditerranée.
Les Bituriges Vivisques surent très bien prendre des dispositions pour percevoir des taxes sur tout navire passant devant chez eux. En quelques décades, ils furent ainsi en mesure de contrôler le trafic de l’étain et de surcroît , la plupart des échanges entre la Méditerranée et l’Atlantique . »
Burdigala, fondée au III ème siècle avant Jésus-Christ est un port où les bateaux sont à l’abri des tempêtes et des voleurs.
Cependant, les fouilles archéologiques menées des les années 20 à Bordeaux, ont mis au jour des habitats protohistoriques du 5ème siècle avant Jésus-Christ. Ce qui nous amène à une occupation du territoire bien avant le 3ème siècle avant J.-C.
Dès la fin du II ème siècle avant J-C les Bituriges Vivisques ont acquis une réputation de métallurgistes et de commerçants avisés. »
En se soumettant à Rome en 56 av. J.-C., Burdigala devient un "emporium" du monde romain, l’un des comptoirs commerciaux d’un vaste empire qui s'étendra bientôt de l’Angleterre à l’Egypte.
Les navires grecs, bretons, ibères ou celtes se côtoient dans le port de la ville. On y échange toujours l’étain, mais aussi des outils, de la céramique grecque ou du cuivre d’Espagne, du blé et des produits méditerranéens. Le vin commence rapidement à être produit sur place après l’adaptation d’un cépage importé d’Albanie, la "biturica".
« Quand les Anglais vendangeaient l’Aquitaine » D’Aliénor à
Jeanne D’Arc » par
Jean-Marc Soyez
Quelques précisions supplémentaires acquises au cours d’une conférence et de lectures complémentaires
La signification étymologique de BURDIGALA fait toujours à ce jour l’objet d’hypothèses : il y a sans doute le mot « bourg de»
Les Bituriges vivisques, peuple celte, venu probablement de Bourges : Bituriges signifie LES SEIGNEURS. Vivisques veut dire DEPLACE en gaulois. Ils se sont fondus dans la civilisation gallo romaine et sont devenus fidèles à Rome par intérêt
Le Port antique (aujourd’hui quartier Saint Pierre) bénéficiait de la profondeur conséquente d’un fleuve GARONNA (7 m de profondeur) et deux rivières aujourd’hui canalisées en réseau souterrain s’y déversaient : Le Peugue et la Devèze.Ces deux rivières ont permis des installations annexes du port, abritées, permettant de stocker la marchandise dans des entrepôts.
Dès le I er siècle de notre ère, le vin est devenu très important. Les taxes prélevées lors de leur importation de la Méditerranée dans Burdigala étaient telles que les habitants ont décidé d’implanter une vitis vinifera(la vigne sauvage existait déjà)qui résisterait à l’humidité et au froid .
Le cépage initial « BASILICA », « BITURICA »vient sans doute de Macédoine. Rapidement a été produit un vin intéressant qui se révélait un vin de garde.
A noter que le mot BARRICADE vient de barrique car on protestait en élevant des barrages de barriques. Quant à BITURE ? Qui sait s’il n’ a pas à voir avec les Bituriges ?
sous AUGUSTE , les architectes romains dessinent le tracé de la ville autour des axes perpendiculaires CARDO et DECUMANUS(aujourd’hui respectivement Axe nord –sud de la rue Sainte Catherine et axe ouest-est de la rue Porte-Dijeaux)
Sous Vespasien, Burdigala est moins importante que MEDIOLANUM SANTONUM(Saintes). Elle la supplantera avec ses 126 ha au III ème siècle après JC.
(Decimus Magnus Ausonius): poète né et mort à Burdigala (310-395), fils du médecin bazadais Julius Ausonius et de la dacquoise Emilia Aeonie.Grammaticus, il occupe une chaire de Rhetor à l'Auditorium de Burdigala ( Université créée autour les années 290); il fut ensuite précepteur du jeune Gratien à la cour impériale de Trèves, devint Préfet du Prétoire puis Consul, et obtint un siège curule à Rome. Ausone possédait de nombreuses propriétés en Aquitaine dont une en Pagus Novarus, près des terres de Saint Seurin,( à Caudéran) à proximité des ruines du Palais Gallien qu' il ne mentionne jamais dans ses descriptions de la région. Il avait aussi une propriété viticole à Saint Emilion car à cette époque les riches villas gallo romaines s’installèrent sur les rives de la Garonne et la polyculture vivrière se développa: vigne , céréales, légumineuses à laquelle il fallait ajouter la pêche ( le saumon était très abondant , conservé dans le sel et la saumure…Et on nourrissait les poules avec du caviar !!!!!!!!!!!!)Il y avait des vignes tout autour de la ville.
AUSONE était professeur de la très grande Université de Burdigala dont on ne connaît pas l’emplacement. Mais on sait par des écrits qu’elle avait un grand nombre d’étudiants : 200. Elle formait les élites dirigeantes impériales.
AUSONE fait mention dans ses écrits des embarras de circulation dans Burdigala. Il dit que la ville était invivable.Aux premiers siècle de notre ère, Burdigala s’étendait sur 25 ha et comptait déjà 15000 habitants.On comprend pourquoi il a fallu rapidement pousser les limites du castrum initial
A noter que deux noms qualifiant les petits cours d’eau se jetant dans la Garonne ont des origines bretonnes. Pas étonnant puisque la ville de Burdigala était en relation étroite avec Nantes pour le commerce :
ESTEY :Nom d'origine celto bretonne (ster=rivière)donné aux petits cours d'eau qui se jettent dans la Garonne. Sur le site de Burdigala les esteys sont les effluents des nombreuses sources.
JALLEAutre nom celto breton
(chall,jall=flux) donné localement aux petites rivières se jetant dans le
fleuve(Dans la banlieue bordelaise, on trouve la ville de Saint Médard-en-Jalle) .
Si vous voulez en voir plus du Palais Gallien suivez le lien:
http://alienor.multiply.com/photos/album/52
:
Fleurette c'est aussi Bambou
Je t'offre quelques mots...
Je t'écris sans raison
Comme une simple amie,
Laissant à ta saison
Mille roses fleuries,
*
Je t'offre quelques mots
De cet espoir qui rampe,
Ce soleil au stylo
Est celui qui le trempe...
*
Et je t'attends demain
Au coin de ton sourire,
Ton poème à la main,
Pour revenir te lire !
Fleurette à Maité, 11/09
Les mots amis et les roses
Je les couche en papier de soie
et doucement, sur mon coeur je les dépose.
L'automne et la pluie incessante
Ont gaspillé leurs derniers pétales
symboles de l'été ,saison si avenante.
Il nous faut maintenant regarder
vers les frissons et les flaques
Tiens! deux camélias ont fait leur entrée!
Le jardin est mouillé, le merle dépouillé
de ses sauts complices dans les allées.
Il est parti, sans doute, vers un abri plus douillet.
Dans la maison aux paupières baissées
Pudiquement s'ébauchent les sourires
En secret se préparent des instants perlés.
Maïté à Fleurette 10/11/09 ♪♪ ♫ ♫ ☼
Comme des grands initiés,
Mes vers viennent t'écrire
Un collier d'amitié,
Tel un petit sourire...
Tu le verras grandir
Ce rêveur sur nos rimes,
Tout prêt à rebondir
Evitant les abîmes !
Bisous Maité
Fleurette
******************
Que tes voeux soient exaucés
Laisse du collier les perles tinter,
et les graines de l' amitié semer.
A chaque jour ses jalons et ses rêves
Chaque jour dans les pas du précédent
à écrire ce que seront les suivants.
Cascades de rimes échevelées
Pur torrent de mots pommelés
Vive les rebonds et les points de suspension.
Bisous de Maïté à Fleurette
, Au mois de mai,un merle perché sur le toit des voisins m'accueillit à mon arrivée dans le jardin à grands cris.Il tenait à communiquer. Je compris plus tard la raison de son insistance: son petit était tombé du nid.
.....................................................
Automne, à l'eau de la plume
Saisissant au vol les feuilles brunes
Que le vent emporte à l'aventure
entre ciel de traîne et traîtres nuages.
Automne de brume et de prochaine froidure
où l'on se replie en jours de laine
et pensées d'attente à l'intime de l'être
raisonnant et raisonnable poussière du temps.
...
Automne passe encore
Tant qu'il déploie ses ors
Auréolant les nuages,
nimbant les paysages.
Nous enferme comme dans un monastère,
Il ne reste plus en nous que la part de rêve
Les souvenirs de l'été et les embruns sur la grève.
Je n'aime que les matins aux couleurs coquelicot
Le soirs d'après chaleur , calmes à coeur de pavot
Les échappées dans les champs,cheveux au vent
L'ombre en pleine lumière et la caresse du printemps!
09/11/O9
"L'homme, comme l'arbre,est un être où
des forces confuses viennent se tenir debout.L'imagination dynamique
n'en demande pas plus pour commencer ses rêves aériens.Tout s'ordonne
ensuite dans cette sûre verticalité."
Gaston Bachelard L'air et les songes.
à la limite même du pied
Le chemin veut être pied et non chemin,
limite de soi-même,
coeur déroulé"
Roberto Juarroz
Poésie verticale
*********
Toi mon ami(e), mon double , mon autre
Pousse doucement la porte de la forêt profonde
Et dans mes pas, entreprends ce Voyage au pays des Arbres.
De ces pinceaux d’écorce si délicatement dressés
Ont poussé pour nous les arches d’une grotte lumineuse
Où il fait bon fouler le silence et la fraîcheur tutélaires.
Seuls , parfois, quelques cris de vies d’enfants
Parviennent jusqu’à notre être venu là , cueillir quelque repos
Hors des miasmes de la ville toute proche et envahissante.
Les vieux de rencontre chuchotent , à mots comptés,
Et se reposent sur le banc , lourds du poids de leurs années.
Furtivement, un oiseau dessine d’un battement d’ailes
Des fils invisibles qui relient , feuille à feuille,
Ciel à ciel , Pas à pas, nos univers de rêves à peine ébauchés,
Au détour d’une allée surgie de tous ces chemins emmêlés.
Maïté L05/11/09
******************************************
****************************
**********
"Les arbres ne sont pas immobiles. Ils ont l’air de dormir, comme cela, d’un sommeil épais qui dure des siècles. Ils ont l’air de ne penser à rien. Le petit garçon, lui, savait bien que les arbres ne dormaient pas. Seulement ils sont un peu farouches et timides, et quand ils voient un homme qui s’approche, ils resserrent l’étreinte de leurs racines et ils font le mort. »
Voyage au pays des arbres - Jean-Marie G. Le Clézio (prix Nobel de littérature 2008)
La vie a un prix
Et l’écrit sur l’ardoise du corps
En lettres majuscules.
Et de sa plus belle plume
Venue griffer la rose de sang
Effeuillée en pleine poitrine
Le temps courtise l’automne.
Il fait danser les clairs, les obscurs
Et les ombres du vent.
Au dehors
Sur tapis jaune, sur tapis rouge
Le regard épouse
Les dernières courbes sensuelles
Des roses.
La vie a un prix
Le pianote en touches blanches
En notes noires
Et s’arrête sur la plage
Où la marée recouvre de son drap pudique
Les heures d’absence.
La rose a fleuri
En pleine poitrine,
La rose et puis le bleuet…
Et tant pis si les mains
Dessinent en braille
Des sourires de coton.
L’automne prend son temps
Et sur tapis jaune, sur tapis blanc
Efface au tableau le prix des tourments
Ne laissant que le cocon d’un ciel bleu assourdissant.
29/10/2009
OCCURRENCES
NOTE
ECHO
ECLAIR
ECARLATES
EST-CE AU MATIN GRIS
QUE LES COQUELICOTS ECLATENT?
CLAQUENT LEURS NOTES
ECARLATES.
LES COQUELICOTS A HEURES COMPTEES
LEVRES ECARLATES DES LE MATIN
DISPERSEES AVANT L 'APAISEMENT DU SOIR
ATTISENT NOS MEMOIRES,
FOUILLENT NOS PLIS D'ENTRAILLES
D'UN PASSE ANTERIEUR QUI ECLATE
COMME POINTES D'ETOILES EN SANG.
QUAND AVONS-NOUS VU
POUR LA PREMIERE FOIS
LEURS BALANCIERS ELANCES
SUR LA TOILE DU PRINTEMPS?
MAÏTE L
On entend read more
on Les Pins